top of page

Le SIBO

Dernière mise à jour : 7 mars

Encore peu connu et difficile à diagnostiquer, le SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth) correspond à une prolifération excessive de bactéries dans l’intestin grêle (alors qu’il ne contient normalement que peu de bactéries comparé au côlon) ce qui provoque des symptômes gastro-intestinaux.

Ces bactéries vont alors provoquer des gaz qui vont induire différents symptômes et différents types de SIBO.

Intestin grêle

Les différents types de SIBO

  • Le SIBO Hydrogène (H2)

    Les bactéries intestinales vont produire de l'hydrogène en quantité anormale. Cela peut principalement engendrer des diarrhées ou une alternance diarrhées/constipation. Ceci va également s'accompagner de gaz, crampes abdominales et de ballonnements.


  • Le SIBO méthane (IMO)

    Ici c'est un développement d'archées (des micro-organismes proches des bactéries) qui vont conduire à une production de méthane en quantité anormale. Le profil de selles va être plutôt de type constipatif. Il y a souvent présence de gaz, de reflux et de ballonnements.


  • Le SIBO Hydrogène sulfuré

    Maintenant appelé ISO (Intestinal sulfide overproduction). Les bactéries intestinales vont produire de l'hydrogène sulfuré en quantité anormale. Généralement, les selles vont plutôt être sous forme de diarrhées impérieuses. Les gaz vont être odorants (odeur d'œuf pourri souvent) et cela va s'accompagner de douleurs digestives.

Différents types de SIBO

On peut également retrouver des symptômes extra-digestifs, notamment :

-Fatigue chronique

-Carences

-Perte de poids

-Troubles cutanés

-Brouillard mental


D'où vient le SIBO?

Les mécanismes sont encore peu connus mais le SIBO se développe souvent (liste non exhaustive) :

-soit à cause d'une infection bactérienne intestinale (gastro-entérite, intoxication alimentaire..) : les bactéries ne sont pas toutes assez bien éliminées et s'installent donc dans l'intestin,

-soit à cause d'une réduction de la motricité intestinale (suite à un diabète, une chirurgie digestive, un syndrome de l'intestin irritable...): les contractions intestinales ne sont alors pas assez efficaces pour entrainer les les bactéries vers le colon et elles peuvent plus facilement s'y développer.

Une autre cause peut être le manque d'acide dans l'estomac (hypochlorydrie, prise prolongée d'IPP...). Les bactéries qui sont normalement sensées être détruites par l'acidité de l'estomac vont alors survivre et s'installer à sa sortie, dans l'intestin grêle.

En fonction des profils, d'autres causes peuvent également être identifiée (endométriose, hypothyroïdie, stress, médicaments...)


Comment savoir si on a bien un SIBO?

Les tests de dépistage se font principalement via des tests respiratoires. Le plus utilisé est le test au lactulose ou au glucose : après ingestion de ce sucre, on mesure dans l’air expiré la production d’hydrogène (H₂) et de méthane (CH₄), gaz produits par les bactéries. Une élévation précoce de ces gaz suggère un SIBO. Ces tests doivent être précédés d'un régime préparatoire.

Le glucose est plus spécifique (moins de faux positifs), tandis que le lactulose explore une plus grande partie de l’intestin. Le « gold standard » théorique reste la culture d’un liquide jéjunal prélevé par endoscopie, mais cet examen est invasif et peu réalisé en pratique.

L’interprétation des tests respiratoires doit être prudente, car leur sensibilité et spécificité varient selon les protocoles.

Tests respiratoires

Les traitements

Ils reposent principalement sur 2 approches.

Les antibiotiques

Le but va être de faire le ménage dans l'intestin grêle en réduisant la flore bactérienne. Le traitement de référence repose sur des antibiotiques ciblés, notamment la Rifaximine qui agit localement dans l'intestin. En cas de SIBO type méthane, une association d'antibiotique peut être proposée (souvent Rifaximine + Néomycine ou Métronidazole).


L'alimentation

Pour commencer, il est important de revoir les bases (mastication, hydratation, activité physique...).

Ensuite, en cas de SIBO, l’alimentation vise surtout à réduire la fermentation et à soulager les symptômes, en complément du traitement médical.


Différents types de régimes existent, entres autres :

  • Protocole FODMAP

Le protocole Low FODMAP est le plus étudié : il diminue temporairement les glucides fermentescibles (lactose, fructanes, polyols…), puis prévoit une réintroduction progressive pour éviter les carences et préserver le microbiote. Il montre de bons résultats pour le SIBO, l'IMO et le SII (Syndrome de l'Intestin Irritable).

  • Régime bi-phasique

Il combine une phase initiale plus restrictive (proche du Low FODMAP) puis une phase d’élargissement gradué ; il est surtout utilisé en pratique clinique mais manque de validation scientifique solide et il est difficile à suivre.

  • Régime pauvre en soufre (low sulfur)

L’approche low sulfur vise à réduire certains aliments riches en composés soufrés (ail, oignon, œufs) dans les formes suspectées d’excès d’hydrogène sulfuré (SIBO H2 sulfuré), mais les preuves restent limitées.

  • Elemental diet

L’elemental diet (alimentation liquide à base de nutriments prédigérés) est la stratégie la plus radicale : elle “affame” les bactéries pendant 2 à 3 semaines, avec une efficacité documentée mais une observance difficile

Alimentation en cas de SIBO

Point sur l'utilisation des plantes

Dans la prise en charge du SIBO, certaines plantes à activité antimicrobienne sont parfois utilisées en complément aux antibiotiques. Des extraits comme l’origan, la berbérine, l’ail, le neem ou la cannelle possèdent des propriétés antibactériennes susceptibles de limiter la prolifération microbienne. Quelques études suggèrent que des protocoles phytothérapeutiques pourraient améliorer les symptômes digestifs et normaliser certains tests respiratoires, mais les données restent limitées et hétérogènes. D’autres plantes peuvent être utiles pour soutenir la digestion et réduire les symptômes, par exemple le gingembre (effet prokinétique), la menthe poivrée (antispasmodique) ou le fenouil (carminatif). Cependant, l’efficacité et les doses optimales ne sont pas toujours bien établies. La phytothérapie doit donc être utilisée avec prudence, notamment en raison des interactions possibles et du risque d’irritation digestive.


Conclusion

Le SIBO est une maladie complexe et encore peu connue (mais bien réelle!). Le risque de déséquilibre alimentaire et de carences reste très important mais des solutions existent pour soulager les symptômes et éviter les récidives. Se faire accompagner par des professionnels de santé formés est primordial pour une bonne prise en charge.

Commentaires


bottom of page